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Scandale des abattoirs, le bilan après les contrôles

À la suite des multiples cas de maltraitance animale, dénoncés par les vidéos de l’association L214, le gouvernement a rendu public les résultats des inspections organisées dans tous les abattoirs de France en avril 2016.


En quelques mois, l’association L214 qui lutte pour la protection animale, a en effet révélé plusieurs affaires de maltraitance animale au sein d'abattoirs français, à Alès, à Vigan et plus récemment à Mauléon. Filmées en caméras cachées, des vidéos d’images insoutenables dans lesquelles on aperçoit des animaux (volailles, moutons, bovins, porc…) se faire abattre dans des conditions d'extrêmes souffrances, ont suscité l’émoi dans le pays.

Face à la polémique, le gouvernement s’est engagé à mener des audits pour évaluer spécifiquement le niveau de protection animale dans les 259 abattoirs d'animaux de boucherie en activité et sur les 460 chaînes d’abattage.

Trois établissements ont perdu leur agrément, 19 lignes d'abattage ont cessé leur activité et le niveau de maîtrise des risques a été jugé insuffisant dans près d’un tiers des contrôles. Les résultats ont été rendus publics dans un rapport du Ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt

Ce que dit la loi ?

En France, l’Arrêté du 12 décembre 1997 impose l’étourdissement de l’animal avant son abattage. Différentes méthodes, telles que l’électrocution, l’exposition au dioxyde de carbone, la percussion, sont préconisées selon le type d’animal. Le texte prévoit cependant une dérogation qui fait débat, concernant les abattages rituels israélite et musulman, pour lesquels les animaux sont égorgés en pleine conscience. 

Qu’en est-il des contrôles ?

Les abattoirs sont soumis à des contrôles continus, effectués par les services vétérinaires.  Ils visent à évaluer le niveau d’hygiène, la qualité de la viande ainsi que le respect des procédures d’abattage et des bonnes pratiques pour la protection animale. 

Plusieurs associations de défenses des animaux et des consommateurs ont demandé aux pouvoirs publics, des inspections inopinées plus fréquentes et davantage de transparence sur les procédés d’inspection et les résultats d’audits. Ils souhaitent que des contrôles soient organisés durant les fortes périodes d’activité, pendant lesquelles les cadences sont accélérées et la main-d’oeuvre peu formée augmente (intérimaires français et étrangers).

Si la qualité des conditions sanitaires est jugée meilleure au fil des années, pour ce qui est du bien-être animal, la tendance semble être à l’inverse et les conditions se dégradent en partie par la course à la rentabilité toujours plus vive. 
Les certifications Bio ou Label Rouge pourraient être gage de qualité puisque le cahier des charges en matière de protection animale y est plus strict. Cependant les effectifs des organismes de certification indépendants sont bien moins nombreux que ceux des services vétérinaires et les contrôles se font au compte-gouttes.

Que faire pour que la situation s’améliore ?

Le gouvernement a engagé un plan d’action sur le bien-être animal  2016-2020 qui établit plusieurs axes de travail. 

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé la création de comités d’éthique au sein des abattoirs et la création d’une commission d’enquête parlementaire chargée de débattre et faire évoluer les pratiques pour améliorer les conditions d’abattage des animaux de boucherie.
Il souhaite aussi instaurer un “délit de maltraitance aux animaux” pour responsabiliser les directeurs d’établissements et les sanctionner en cas de manquement aux règles de bonne conduite. Il a également évoqué la possibilité d’équiper les postes de saignée de caméras de vidéo surveillance.

 


Vidéo filmée par l’association L214 à l’abattoir régional d’Alès 


Cet article a été rédigé par Emilie Vourch le 05/07/2016

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